‘Cell-lumen’
Le micro-organismes est un nom générique pour désigner des êtres généralement invisibles à l’oeil nu allant de la bactérie, aux plantes, aux animaux. Ils fonctionnent de façon autonome mais cordonnés pour se développer, se propager puis muter dans un environnement propice, chaleureux et nourricier.
En biologie, c’est dans des boites de Pétri qu’on cultive des colonies. Pour les observer en détail, les cultures sont placées sous un microscope optique diffusant une lumière qui, associée à un colorant fait apparaître ce qui est imperceptible à l’oeil nu.
J’ai alors pris mes boites de Pétri et j’ai cultivé mes propres cellules. Sous l’effet de la lumière, j’ai découvert la composition de ces êtres, l’enveloppe transparente entourée d’une fine structure révélée par la lumière.
Inspiré par la façon dont la lumière relève ce qui est imperceptible, j’ai tricoté et crocheté des modules inspirés de mon relevé scientifique et photographique. En encerclant une source lumineuse dans ces cellules de maille, la lumière a fait apparaître son enveloppe, déployant une projection ajourée d’ombre.
‘L’oeuf de l’engagement’
Forme du monde, l’oeuf est un produit de base dans l’alimentation quotidienne universelle. Son nom et sa forme créent des liens permanents avec notre propre existence; de notre création, à la création, à la procréation. Il renferme dans son cocon de coquille le mystère : la vie.
Symbole trans-culturelle, on s’offre des oeufs décorés, comestibles ou non, le dimanche de Pâques. Symbole de réjouissance après le jeûne, son partage en est tout aussi important; il signifie l’importance qu’on donne à quelqu’un, le don de soi à l’autre.
J’ai fait rencontrer deux traditions/pratiques/idées religieuses qui lient le produit œuf à son partage :
Je veux faire revivre, en plusieurs temps, l’acte de la demande en mariage qui est une étape fondatrice dans la vie d’un couple :
Ici, j’ai souhaité apporter une dimension plus sensible à l’objet qui fait preuve de la demande : la bague de fiançailles devient oeuf, symbole de cette dévotion, l’objet que l’on offre pour prouver son amour, précieux, fragile et sensible. Il est donc source d’une réflexion particulière quant à son choix, sa personnalisation qui doit être à l’image de la personne le recevant.
La demande en mariage est source d’angoisse et d’espérance : l’instant décisif où notre vie en tant qu’être unique se voit transformer en vie de couple. En donnant l’oeuf de l’engament, on témoigne de son amour pour l’autre à la fois par l‘“acte” (la demande) mais aussi par la “réalisation” (personnalisation).
Collections textile “Écrans”
Diplôme des Métiers d’Arts - Tissage
Lycée des Métiers La Source - 2012
Je me suis interrogé sur les différentes représentations d’une image, de la réalité à la virtualité, du souvenir de l’expérimentation à sa numérisation. Ainsi, j’ai souhaité démontrer l’ambiguité existante entre l’analogie de l’expérience à la véracité de sa sauvegarde.
Mon travail s’est composé en trois collections textile formant un voyage dans l’écran, entre réalité et virtualité :
• “Les abysses de pixel” : collection inspirée par des séances de jeux sur console vidéo durant mon enfance
• “Prochain arrêt : Kodaira” : collection inspirée par les pérégrinations réalisées lors d’un voyage à Tokyo et sa banlieue ainsi que son interprétation numérique, grâce à Internet
• “Glitch : un nouveau réel” : collection inspirée par la transformation de mes deux précédents collections grâce au “glitch”, défaillance électronique.
Projet Professionnel 2012 “Écrans”
Diplôme des Métiers d’Arts - Tissage
II- Prochain arrêt : Kodaira
Cette seconde collection est inspirée de deux expériences, une “réelle” -un voyage réalisé au Japon à la Toussaint 2011- et une “virtuelle” -mon surf quotidien sur le site de partage en ligne de photographie amateur Flickr.
Par le biais de cette étape, j’ai retrouvé la mémoire des lieux que j’ai visité à Kodaira, ville de la banlieue de Tokyo et plus particulièrement celle d’une promenade dans les forêts aux alentours de la station de train. Par la suite, j’ai voulu confronter ma mémoire personnelle et défaillante à la mémoire collective d’Internet.
1/ Boite mémoriel, premier pas dans ma recherche
Dans un premier temps, j’ai réalisé une “boite mémorielle”, une installation à échelle réduite évoquant cette visite dans les forêts de Kodaira. Il s’agissait de représenter l’ambiance de cette expérience où la nuit est tombé rapidement pour laisser place à une nouvelle forêt lumineuse.
Installation à échelle réduite,
Carton plume, plexiglas, peinture.
Par la suite, j’ai utilisé une collecte sonore réalisée sur bande magnétique aux alentours de la station de train et plus particulièrement dans les forêts. J’ai transposé les sons de la nature et de cette zone urbaine en image par le biais de la sérigraphie. Pour ce faire, j’ai crée des compositions en dessinant à l’aide des bandes magnétiques des forêts que j’ai vu dans cette ville. En vectorisant les motifs et en utilisant du dévorant, j’ai obtenu des textiles me permettant de recréer une installation lumineuse.
Collection sérigraphiée au dévorant,
Soie viscose teinte.
2/ Motif piqué, motif flou
Au fur et à mesure de ma pratique du tissage, j’ai obtenu une évolution dans ma recherche mémorielle. À l’aide du motif piqué, j’ai transposé la première étape dans cette recherche en obtenant un motif flotté représentant les bambous et plus généralement une image floue.
Extrait d’une collection tissée
Double chaîne, remettage par corps de lames, polyester & lin.
3/ Remettage par corps de lames, une image nette
Après avoir obtenue les premières représentations floues de ma mémoire, j’ai crée, grâce au remettage par corps de lames, une image nette et précise de ces lieux, une image tissée de ma mémoire.
Extrait d’une collection tissée
Double chaîne, remettage par corps de lames, polyester & lin.
4/ Double chaîne et tissu poche, confrontation des mémoires
Suite à ce premier travail de recherche, j’ai par la suite confronter ma mémoire personnelle à la mémoire collective d’Internet. Pour ce faire, j’ai monté ma chaîne, représentant ma mémoire et j’ai tissé des photographies trouvées sur Flickr, transférées sur bandes textile. La double chaîne et le tissu poche, ici travaillé à la fois de façon uni et par remettage par corps de lames, m’a permis de tisser des bandes à la fois par la trame et par la chaîne. Le résultat rencontre et confronte deux images : réelle et virtuelle, personnelle et collective.
Extrait d’une collection tissée
Double chaîne, remettage par corps de lames, polyester & lin.
(Source : flavors.me)
Projet Professionnel 2012 “Écrans”
Diplôme des Métiers d’Arts - Tissage
III- Glitch : un nouveau réel
Les images et les vidéos que nous regardons sur Internet, ou tout simplement sur notre ordinateur, sont appelées fichiers numériques, en opposition aux fichiers analogiques dits bruts. Le terme “numérique” prend racine dans le latin signifiant “représentation par chiffre”. Effectivement, une photographie numérique est ouverte avec un logiciel qui nous fait apparaitre un visuel. Mais pour obtenir ce visuel, ce programme déchiffre ce fichier en d’innombrable codes numériques, qui assemblés et assimilés forment sur ordinateur, un visuel. Mais lorsqu’un fichier numérique est corrompu, mal enregistré ou que ses codes numériques sont falsifiés, que ce passe t-il? L’ordinateur le décodera toujours mais en en donnera un visuel à la valeur de ses codes, modifié. Cette action et ces images sont appelées “Glitch”.
Aujourd’hui, le glitch est utilisé par des artistes comme Glitchr et Rosa Menkman pour evoquer, voir dénoncer les limites et le dictat de la normalisation de la vie par le numérique.
J’ai décidé d’utiliser le glitch comme synthèse de mes deux précédents voyages et comme outil me permettant de trouver de nouvelles possibilités à mes productions textiles, de nouveaux voyages virtuels.
1/ Les abysses glitchées
J’ai glitché une réalisation de ma partie sur les abysses. J’ai obtenu de nouvelles couleurs et de nouvelles rayures transformées sous forme de blocs. Par le biais du tissage, j’ai créer des textiles montrant cette transformation numérique.
Extrait d’une collection tissée,
Chaîne simple, remettage par corps de lames, polyester & lin.
J’ai aussi vectorisé les blocs formant les nouvelles rayures de ma photographie glitchée. En utilisant des couleurs et des typons différents, j’ai obtenu des compositions sérigraphiées multiples pouvant être infinies.
Collection sérigraphiée,
Textile teint à l’indigo.
2/ Les forêts glitchées
J’ai aussi glitché les photographies trouvées sur Flickr et tissées dans mes textiles mêlant mémoire personnelle et collective. En transférant à nouveau ces images sur textile, j’ai obtenu une résultat erroné et partiel. En utilisant la broderie et plus particulièrement le point de croix, j’ai recrée ses images transformées, point par point, pixel par pixel.
Collection brodée
Point de croix, coton mouliné.
(Source : flavors.me)
Le language est source d’échange universel. Le code quant à lui permet l’échange entre communauté restreinte.
Le braille est une écriture image, un sens lisible pour certain et une image visible pour d’autres.
Parure de biscuits céramique brodés au point de noeud sur toile de coton.
(Source : flavors.me)
—Métamorphose du Jean—
Échantillons tissés et proposition d’installation à échelle réduite.
Tisser, c’est créer un enchaînement de matière perpétuelle, un réseau organisé, cachant ou dévoilant des détails sur la matière même ou son environnement.
Le temps passe et défile avec le soleil et la lumière qu’il diffuse. Elle influe sur toute matière, révèle des ombres ou les dissimule. En architecture, le verre et le béton sont deux matières permettant de jouer sur différents niveaux de visibilité et ainsi divulguer plus sur les espaces qu’ils cloisonnent.
—Jean metamorphosis—
Weaved textile samples and reduced model of an installation.
To weave is to create a perpetual yarns linking, hiding or revealing details of threads or his environment.
Time flies with sun and the light it spreads. Its impacts in all stuffs, give out shadows. In architecture, glass and concrete are two materials that play with different levels of visibility that allow to show more about spaces around that they compartmentalized.
—Infini Paysage // Mailles d’Étamines—
Pièce textile faisant partie d’une oeuvre collective et participative pour le Festival de la Création Textile 2011, organisé par l’association “Jours, Semis et Entre-Deux” (ID Textile) autour du thème “D’infinis paysages” en relation avec le printemps de poètes.
“S’ouvrant vers l’extérieur, la fleur se pare de ses plus belles anthères afin de semer son pollen vers d’infinis paysages.”
Carré de 20x20cm, techniques de maille mixte en tricot & crochet.
—Infinite Landscape // Stamen Stitches—
Textile piece from a collective and participative work for Textile Creation Festival 2011, organized by “Jours, Semis et Entre-Deux” association (ID Textile) around “Infinite Landscapes” subject.
“By opening outwards, the flower adorn oneself with its most beautiful anthers to sow its pollen to infinite landscapes.
20x20cm square, stitches mixed techniques by knitting & crocheting.
—Habits de Sucre // Sugar dresses—
textiles/bijoux d’arts de la table // tablewares textiles/jeweleries
“Je perce ce cocon pour trouver ce qui s’y cache et il disparait en poussière. Que protège t-il? Un trésor? Et si cela n’était qu’une carapace vide?”
Expérimentations autour de paysages texturés/sucrés retranscrits en textiles/bijoux d’arts de la table.
Cocons —tissage chaîne nylon / trame cotons—
Trésors —broderie lurex argenté sur ouate & voilage—
“I pierce this cocoon to find what’s hidden inside and it disappear in dust. What does it protect? A treasur? Might it be an empty shell?”
Experimentations around textured/sugar landscapes transcribed into table arts textiles/jewelries.
Cocoons —weaving nylon warp / cottons weft—
Treasures—embroidery silver lurex on wadding covered net—